Wagenia

Peuple Wagenia (Enya)

Nichée au cœur de la région de Kisangani, en République démocratique du Congo, se trouve une communauté fascinante connue sous le nom de Wagenia. Cette communauté entretient un lien profond avec le majestueux fleuve Congo et s’est acquise une renommée grâce à sa méthode de pêche acrobatique, une technique traditionnelle d’une grande ingéniosité. À travers les générations, les Wagenia ont tissé un lien exceptionnel avec les tumultueuses chutes Boyoma. Cette portion du grand fleuve Congo qui délimite la frontière natuelle entre le Lualaba et le Congo (Fleuve), est marqué par huit cataractes dont le dernier porte le nom de chutes Wagenia.

La vie des Wagenia gravite autour de la pêche, une activité cruciale pour leur subsistance et leur identité culturelle. Ce qui les distingue avant tout, ce sont leurs pièges à poissons en bois, des nasses, communément désignés sous l’appellation « Tolimo » en kigenya. Ces constructions astucieuses prennent la forme de structures en bois élaborées, solidement ancrées dans le courant de la rivière, conçues pour capturer les poissons en transit. Les échafaudages artisanaux sont confectionnés à partir de poteaux de bois soigneusement disposés dans l’eau, desquels sont tendues les nasses, créant ainsi un piège complexe. Cette technique repose sur une compréhension profonde des habitudes de déplacement des poissons, ainsi que sur les variations saisonnières du niveau de l’eau et du débit du fleuve.

L’approche des Wagenia dépasse largement celle d’une simple méthode de pêche ; il s’agit véritablement d’un art transmis de génération en génération. Les anciens partagent leur expertise avec les jeunes, leur transmettant non seulement les compétences techniques nécessaires à la conception et à la mise en place des pièges à poissons, mais également la sagesse ancestrale liée à la préservation de l’écosystème fluvial.

Cependant, le mode de vie traditionnel des Wagenia est aujourd’hui confronté à des défis grandissants. Les pressions démographiques, la dégradation environnementale, les bouleversements climatiques et d’autres facteurs exogènes menacent leur mode de vie ainsi que leur patrimoine culturel. Les pratiques de pêche traditionnelles, bien qu’écologiquement respectueuses, se montrent fragiles face à ces perturbations.

Malgré ces défis, les Wagenia persévèrent et s’adaptent avec détermination. Leur connaissance approfondie des chutes et de leurs rythmes saisonniers leur permet de s’ajuster aux changements et de trouver des solutions innovantes pour préserver leur mode de vie. De plus, leur culture riche et leurs traditions continuent d’inspirer respect et admiration, tant à l’échelle locale qu’internationale.

Étymologie

Le nom « Wagenia », dérivé du pluriel « mugenia », puise ses racines dans la langue swahilie. En swahili, le terme « mgeni » se traduit par « étranger ». Au fil du temps, ce terme a évolué pour devenir une identité sous laquelle les autochtones de la région ont identifié le peuple qui a migré en amont du fleuve Congo.

Il existe plusieurs variantes de l’appellation « Wagenia », telles que « Bagenya », « Genya », « Enya », « Tsheenya », ainsi que d’autres. À noter que les préfixes « ba » et « wa » correspondent respectivement aux concordances de classe du lingala et du swahili.

Histoire

Cause de séparation douloureuse des deux clans frères Enya et Rega. Une simple querelle entre jeunes enfants, reprise par les mamans respectives provoqua un affrontement incompréhensible sans merci entre les deux clans frères Enya, (pêcheurs) et Rega, (agriculteurs et chasseurs), qui causa plusieurs morts et plongeant ainsi toute la communauté dans une profonde consternation. Les nombreuses familles du clan Rega, (agriculteurs et chasseurs), qui avaient fui l’affrontement pour se réfugier dans leurs champs en brousse refusèrent de rentrer dans leur ancien village et préférèrent s’installer dans la brousse près de leurs champs, loin du clan frère Enya, (pêcheurs), c’est fut le début lente et définitive de la séparation entre les deux clans frères dont le clan Rega, (agriculteurs et chasseurs) poursuivant son immigration en direction du Nord vers le Sud-Kivu où ils vivent jusqu’aujourd’hui.

Les familles du clan Enya, (pêcheurs) issu de l’ancêtre N’tende qui étaient restées à Biatoko, devinrent aussi plus nombreux et formant les huit (8) villages (Tshebanda), ou Bebanda(au pluriel) qui sont : N’bga, Mofeta, N’somba, Lesali, Motimo, Mokonga, N’ngembe et N’silonga. Devenu très vieux, l’ancêtre N’tende ordonna aussi à son tour comme ses pères, d’envoyer une expédition vers l’aval, (Ouest) du fleuve Lualaba à la recherche de site plus abondant en ressources halieutiques. L’expédition des jeunes braves descendue alors le fleuve Lualaba depuis Biatoko, et après la traversée des plusieurs cascades arriva jusqu’à la grande chute où elle assista émerveillée dans un spectacle des sauts majestueux des poissons qui luttaient pour monter la grande chute.

Après un séjour de quelques semaines sur place à la grande chute, l’expédition remonta le fleuve jusqu’à Biatoko pour faire rapport à l’ancêtre N’tende de la nouvelle découverte de nouveau site beaucoup plus grand et plus riche en poissons. Cette nouvelle réjouit alors l’ancêtre N’tende qui fut venir tous les chefs des familles du clan Enya, pour leur annoncer la bonne nouvelle et ordonner les préparatifs de la prochaine immigration vers le nouveau site de la grande chute. Pendant des mois s’organisant alors les préparatifs avec enthousiasme. Mais une question restait sans réponse. « Par quel moyen allait-on embarqué les nombreuses familles ?» Eu égard au manque suffisante des pirogues.

C’est à ce moment que l’ancêtre N’tende, qui ouïe dire ces interrogations annonça l’existence de la pirogue mythique à toutes sa descendance tout en leur demandant qu’ils aient en brousse couper une sorte des lianes (non résistante) pour tirer la pirogue hors de l’eau. Cette demande étonnant ses enfants, car cette sorte de liane était la plus fragile pour imaginer tirer hors de l’eau la grande pirogue mythique, ou l’arche, (Tshelika-ngoma) enfui immerger au milieu du fleuve au fond des cascades de Biatoko. Les enfants jugèrent insensé la demande de l’ancêtre N’tende pour cette sorte de liane et préférant coupés les d’autres différentes sortes des lianes plus résistantes. Cette désobéissance a fait que toutes les tentatives de leurs efforts pour sortir du milieu du fleuve la pirogue mythique restèrent sans succès jusqu’à ce qu’ils reveinnent de nouveau auprès de l’ancêtre N’tende, qui leurs exigeant d’organiser une cérémonie de répentance pour implorer le pardon des aïeux pour leurs désobéissances à l’ordre d’utiliser la liane la plus faible en résistance. Une cérémonie de circonstance fut alors organisée durant trois jours, et après avoir été coupé la sorte liane exigée, ils plogèrent l’attacher à la pirogue et à la première tentative, l’immense pirogue mythique ou l’arche, (Tshelika-goma) fut enfin remontée à la surface de l’eau. Et après avoir été séchée par les rayons solaires, l’ancêtre N’tende, sélectionna les quelques membres de chaque famille du clan, (Tshebanda), pour descendre ensemble avec lui allonger sur sa chaise longue à la pourpre de la grande pirogue mythique ou l’arche, (Tshelika-ngoma), ce qui fut fait dans la discipline hiérarchique qui régissait le clan.

A l’arrivée de peuple Enya,ou (Wagenya), descendants de l’ancêtre N’tende à la grande chute, vers la fin de 17ième siècle à bord de la pirogue mythique ou l’arche (Tshelika-ngoma) à la grande chute avec leur ancêtre N’tende alongé sur sa chaise longue à la pourpre du pirogue, ce dernier ne descendu pas de la pirogue, mais exigeant à ce qu’après un rituel spécial de remerciement aux aïeux, (Mokonga), qui les a conduit jusqu’à destination, qu’il soit poussé seul allongé sur sa chaise longue à la pourpe de la pirogue mythique ou l’arche (Tshelika-ngoma) au large du fleuve en amont de la grande chute. Poussé par ses enfants malgré eux, comme il exigeait vers le large du fleuve, la pirogue avec à son bord l’ancêtre N’tende, allongé sur sa chaise longue à pourpe, voguant seul jusqu’au milieu du fleuve, tournant le devant vers l’Est d’où est venue l’expédition, elle s’enfonçant lentement dans l’eau du fleuve Lualaba avec son occupant, l’ancêtre N’tende, devant l’île appelé N’tundulu. Ainsi disparu l’ancêtre N’tende avec la pirogue mythique ou l’arche (Tshelika-ngoma) qui amenant le Enya ou (wagenya) à la grande chute. Les huit (8) membres des villages Enya, (bina-Ntende), découvrirent la grande chute et s’établirent de part et d’autre de deux rives en groupe de quatre villages. C’est ainsi qu’à la rive droite s’installèrent les quatre villages ou (Benbanda) ci-après : N’gba, Mofeta, N’somba, Lesali et à la rive gauche s’établirent les autres quatre sous-clans : N’ngembe, N’silonga, Motimo et Mokonga.

Le développement de centre d’échange commercial de la grande chute fut très rapide, à cause de l’abondance des ressources halieutique capturées par les pêcheurs Enya, qui attirant les autres peuples agriculteurs des environs au fur du temps. Le premier à côtoyer les Enya, pêcheurs dans le centre d’échange hebdomadaire fut les peuples (Nkumu) et (Lengola), tous agriculteurs et chasseurs. L’écho de développement des échages commerciales du centre de la grande chute se propageant au loin jusqu’à attirer depuis Zanzibar, la curiosité de l’explorateur H. M. Stanley qui était venu à la recherche de Missionnaire Anglais David Livingstone. Après l’avoir retrouvé à Ujiji, il retournant faire son rapport de mission au Roi d’Angleterre qui l’avait envoyé en mission.

Revenu de nouveau en Afrique par Zanzibar, cette fois sous le mandat du Roi des Belges Léopold II, il recrutant avec l’accord de L’administration de la place (Zanzibar), les esclaves Ngwana, de chef Tipo-Tipo qui n’étaient autre que des bantous swahili islamisés de la côte orientale de l’Afrique, parlant le Kingwana, pour constituer l’équipe des porteurs et guerriers de son expédition exploratrice du bassin du Congo, qui traversèrent le lac Tanganyika et découvrant le fleuve Lualaba d’où ils descendirent vers l’aval (Ouest)jusqu’à leur arrivée au centre de la grande chute au milieu du 18ième siècle accompagné des arabisé «Ngwana» avec à leur tête le Chef Tipo-tipo. L’arrivée de cette expédition exploratrice de H.M. Stanley au centre de la grande chute fut considérée comme une invasion étrangère, provoqua une panique généralisée chez les Enya, qui pour se défendre prirent les armes (lances, flèche, machettes, etc.) pour combattre contre l’envahisseur blanc. Et devant cet accueil inhospitalier et menaçant des peuples Enya, l’expédition de l’explorateur Morton Stanley usant de leurs fusils et tua plusieurs vaillants guerriers Enya par balles. Vaincu par une nouvelle arme inconnue qu’ils appelèrent (nkoba ya poum-poum), ou l’arme de poum-poum, selon le crépitement des coups de fusil, (poum-poum) utilisés les arabisés de l’expédition qui accompagnait H. M. Stanley.

C’est par la loi du plus fort, imposée par la force du feu des fusils (poum-poum) que le peuple Enya, en position de vaincu assista impuissant à la création de poste colonial de centre de la grande chute par l’expédition de l’explorateur H. M. Stanley, où il établit la première administration coloniale de grande chute. L’expédition avec l’explorateur Henri Morton Stanley, poursuivi son voyage exploratoire qui le conduit le long du fleuve jusqu’à l’embouchure du fleuve Congo. Mais, la collaboration entre l’administration coloniale mise en place dans le poste de la grande chute et les arabisés «Ngwana», qui avaient constitués le bras armée de l’expédition de Henri Morton Stanley, ne durent pas très longtemps, car se considérant comme des hommes libres, libérés de l’esclave des arabes le long de la côte orientale, ils eurent du mal à se soumettre de nouveau à une autre esclavage déguisé en colonisation des étrangers blancs et leurs relations avec les fonctionnaires étrangers blancs (colonisateurs) se compliquèrent rapidement et provoquant un combat féroce avec les fusils poum-poum.

Ce combat causa d’énorme perte en vies humaines de part et d’autre, contraignant ainsi les étrangers blancs (colonisateurs) à fuir temporairement le poste du centre de la grande chute qui restant sous le contrôle chef des arabisés Tipo-Tipo. La Belgique intervint alors avec des négociations qui se soldèrent par la nomination, de chef des arabisés Tipo-Tipo, comme chef de poste de centre de la grande chute sous l’autorité de l’administration coloniale, ce poste du grand centre qui obtiendra plu-tard le statut de la ville de (Stanleyville), aujord’hui Kisangani. A la mort de Chef Tipo-Tipo, les arabisés (Bangwana), eurent comme (Sultan), le Chef Sabiti bin Saidi, et après sa mort son fils Mabé Sabiti, le succédant toujours sous l’autorité de l’administration coloniale en collaboration avec les Notables d’autres différentes communautés locales de poste du centre de la grande chute devenue depuis lors Stanleyville, (Kisangani) jusqu’après l’indépendance en 1964 où il (Mabé Sabiti) fut assassiné par la rébellion muléliste avec d’autres Notables dont le Chef Enya, Kalonda Kitoto Stéphane accusés tous des collabos du Parti National Progressiste, PNP, fondé sous l’instigation de la Belgique pour maintenir son contrôle sur la nouvelle administration de la République du Congo indépendant.

La culture Enya, ou Baenya: En plus de la pratique des différentes techniques de pêche sur les cascades de la grande chute séparant les fleuves Lualaba et Congo, le peuple Enya pratique une lutte aussi unique en son genre qui est la lutte traditionnelle, (Kabobo), différente de celles pratiquées par d’autres peuples tant au pays qu’en Afrique de l’Ouest. Et comme tous les peuples riverains, ils pratiquent aussi les régates nautiques par les pirogues au rythme de tam-tam et chansons (likoko). Cette culture exotique doublée par les différentes pratiques de pêche, leur a value le rapprochement de faveur avec les colonisateurs par rapport à d’autres communautés. Mais les peuples Enya, malgré ce rapprochement restèrent rattaché (conservateur) de sa culture. C’est ainsi que sous l’administration coloniale, le peuple Enya, était exempté de faire le service militaire ou de payer l’impôt colonial en contre parti de leur culture exotique retenue pour agrémenter les accueils des officiels coloniaux dans la colonie.

Les peuples Enya ou Baenya, (Wagenia) qui vivent aujourd’hui de part et d’autre de la grande chute de Kisangani (Stanleyfalls), sont les descendant de l’ancêtre Ntende, d’où le (Bina-N’tende). Ils ont été rejoints après au fur et à mesure par d’autres peuples notamment : Lokelé, Topoké, Mbole, Nsonge, Tetela, etc. Ils occupent à ce jour, les mêmes localités riveraines intégrées dans les communes urbaines de la ville de Kisangani, pour les quatre villages de la rive droite et de la commune de Lubunga, pour les quatre villages de la rive gauche.

Il existe à ce jour, d’autres communautés Enya, Baenya qui vivent encore à Biatoko, (en amont d’Ubundu) à Kindu au (Maniema) et à Malemba-Nkulu au (Nord Katanga).

Les 8 Villages de la Tribu Enya

  1. Nsomba
  2. Lesali
  3. N’Guembe
  4. N’Silonga
  5. N’bga
  6. Mofeta
  7. Motimo
  8. Mokonga

les 8 villages Enya sont à l’origine des 8 clans fondateurs de la chefferie Enya à Boyoma, ils constituent le dernier vague de migration des peuples Enya (Rega) de leurs origines remontant à l’Empire Luba.

Les clans des villages Enya : (be) tshebanda

  1. Nsomba :
    • Mbolombisa
    • Yasanga
  2. Lesali (Nsilenkpe) :
    • Ongelo
    • Nsila
    • Bendjoa
  3. N’Guembe :
    • Yasanga
    • Mesuku
    • Itoke
    • Liele
  4. N’Silonga :
    • N’Silonga a mondindi (de Montagne)
    • N’Silinga
  5. N’Gba :
    • Ongula
    • Kaekese
  6. Mofeta :
    • N’kulu
    • Yamenga
  7. Motimo :
    • Tikiloko
  8. Mokonga :
    • N’Mbelo
    • Asambga